14.1.05

Premier degré

Les filles, les perruches
Les abeilles qui bourdonnent
Toutes autour de la ruche
Le miel qu’elles donnent
Comme des illusions aux hommes

Telles des souffleurs de verres
Les fées de lumière
Elle lancent au bout de leurs cannes
Les couleurs, les matières
Les résilles de toute la gamme

Tu finiras bien par te brûler
Si tu prends tout au premier degré
C’est pas juste une question d’expérience
A chaque fois ça commence


C’est toujours le même scénario
Elles te refont leur beau numéro
Leur charme et leur téléphone
Toi tu attendras en vain qu’il sonne
Mais au bout personne, personne

Leurs rires et les gestes qui encouragent
Donnent de l’audace aux plus sages
Elles domptent les intrépides
Elles, comme des chefs d’œuvres sublimes
Nous, seulement des doublures amovibles

Tu finiras bien par te brûler
Si tu prends tout au premier degré
C’est pas juste une question d’expérience
A chaque fois ça commence


Les femmes qui dirigent le monde
On n’imagine même pas une seconde
On devrait pourtant se poser des questions
Pourquoi les chromosomes
Transforment les amoureuses en amazones

Depuis la nuit des temps ça dure
Et c’est pas prêt de s’arrêter dans le futur
A chaque nouvelle génération
C’est le même tour qu’elles nous font

Tu finiras bien par te brûler
Si tu prends tout au premier degré
C’est pas juste une question d’expérience
A chaque fois ça commence


30.12.04

Combien ça coûte

J’ai que de l’amour à te donner
J’ai pas pris le temps de compter
Pas la peine de me rendre la monnaie
J’ai pas de pièces ni de billets

Les sentiments n’ont pas de prix
Y a pas que des marchands ici
Tu peux être sûr que je vais t’épargner
Combien ça coûte, c’est juste pour la télé


J’ai fait le hold-up des émotions
Plafond maximum garantie de frissons
J’ai fais sauter la banque risqué la prison
Voleur pour tes beaux yeux, ma passion

Les sentiments n’ont pas de prix
Y a pas que des marchands ici
Tu peux être sûr que je vais t’épargner
Combien ça coûte, c’est juste pour la télé


Pas de problème de découvert
Mon Amour c’est du sérieux, ça en a l’air
J’ai des trésors cachés, des bas de laine
Du plaisir pour des mois et des semaines

Les sentiments n’ont pas de prix
Y a pas que des marchands ici
Tu peux être sûr que je vais t’épargner
Combien ça coûte, c’est juste pour la télé


Je peux t’accorder tout le crédit nécessaire
Pour m’aimer toute ta vie entière
Pas d’obligation de rembourser
Aucune caution à apporter

Les sentiments n’ont pas de prix
Y a pas que des marchands ici
Tu peux être sûr que je vais t’épargner
Combien ça coûte, c’est juste pour la télé


Je vais peut être te conseiller
Un placement rentable à long terme
Le cours de Bourse peut bien fluctuer
Rien ne changera, je serai ferme

Les sentiments n’ont pas de prix
Y a pas que des marchands ici
Tu peux être sûr que je vais t’épargner
Combien ça coûte, c’est juste pour la télé


Y a trop de truands, de spéculateurs
De faux croyants, d’arnaqueurs
Qui marchandent à tout prix ton bonheur
Prêts à tout pour sauver leur honneur


Les sentiments n’ont pas de prix
Y a pas que des marchands ici
Tu peux être sûr que je vais t’épargner
Combien ça coûte, c’est juste pour la télé

1.12.04

Croire et espérer


On tire des plans sur la comète
On ouvre grand les portes et les fenêtres
La lumière qui entre et le bien être
La chaleur qui caresse nos silhouettes
On va se dire chaque jour sera pareil
Sans un nuage que du beau soleil
Pas une ombre dans le bleu de notre ciel
Tout doux comme la couleur du miel

C’est si vrai
Qu’on peut les toucher
Nos rêves si proches de la réalité
C’est si vrai
Que personne ne peut nous empêcher
D’y croire et d’espérer

On va s’inviter à chaque fête
On va se le jurer, se le promettre
En faire le serment le plus honnête
Un absolu comme une quête
Au pied des châteaux dans le sable
On dessine les contours de l’imaginable
On va laisser à l’avenir des traces
Bien plus loin que la surface

C’est si vrai
Qu’on peut les toucher
Nos rêves si proches de la réalité
C’est si vrai
Que personne ne peut nous empêcher
D’y croire et d’espérer

Les cris d’enfants comme des cadeaux
Le vent qui balance dans les rideaux
Au loin on entend le chants des oiseaux
Qu’est-ce qu’on peut trouver de plus beau
Le dimanche réunis autour d’une table
Toute la famille pour déjeuner
A la campagne c’est inévitable
A l’ombre des tilleuls dans le pré


C’est si vrai
Qu’on peut les toucher
Nos rêves si proches de la réalité
C’est si vrai
Que personne ne peut nous empêcher

D’y croire et d’espérer

Et si parfois il fait froid dehors
Il faudra se rapprocher de nos bras
Se serrer encore un peu plus fort
Regarder plus haut, avoir la foi
On a traversé tant de champs de blé
Pour atteindre le but que l’on s’est fixé
A quoi bon vouloir maintenant s’arrêter
Aller jusqu’au bout de notre destinée

C’est si vrai
Qu’on peut les toucher
Nos rêves si proches de la réalité
C’est si vrai
Que personne ne peut nous empêcher
D’y croire et d’espérer


23.11.04

Mon pauvre garçon

Les femmes, les belles, les cruelles
N’ont rien trouvé de mieux
Que l’amour pour faire couler le Rimel
Et plaire aux messieurs
Qui leur a donné le pouvoir du jeu
Le plaisir de rendre fou ou heureux ?
A chaque coup qu’elles gagnent
C’est un peu de nous qui s’éloigne

Il suffit qu’elles claquent des doigts
Qu’elles tournent les talons
T’es plus que l’ombre de toi
Mon pauvre garçon


La roulette russe ou le tapis vert
Elles choisissent leur camp, leur désert
Après les cyclones et les tempêtes
Il faut bien que tu te mettes en tête
Qu’après plus rien ne repousse
La création d’un monde nouveau pour tous
Un coup de foudre, en un éclair
Ultime vision privée de tes repères

Il suffit qu’elles claquent des doigts
Qu’elles tournent les talons
T’es plus que l’ombre de toi
Mon pauvre garçon


T’as beau dire que c’est facile de ne pas en parler
Avoues que tu peux pas t’empêcher d’y penser
Cette fois tu veux pas te faire avoir
Elles te laissent le choix d’imaginer, de croire
Tu vas tourner comme les ailes des moulins
Perdre la tête fréquenter les mauvais chemins
Au fond impossible d’éviter leurs regards
Les appels du pied, leurs yeux comme des phares

Il suffit qu’elles claquent des doigts
Qu’elles tournent les talons
T’es plus que l’ombre de toi
Mon pauvre garçon


Quand elle s’amusent le jour des noces
Les diamants, les violons, les notes fausses
Quand les lendemains sont tracés dans le marbre
Tu chercheras une corde, tu trouveras un arbre
C’est pas le tableau de famille en réalité
Juste l’impression de vivre la fatalité
Après le Champagne et les derniers invités
Il ne te restera que la nuit pour t’écouter

Il suffit qu’elles claquent des doigts
Qu’elles tournent les talons
T’es plus que l’ombre de toi
Mon pauvre garçon


Première classe

Au début j’ai pris mon billet pour un long voyage
Parti à l’aventure vers de superbes paysages
Prêt à découvrir de nouvelles sensations
Elargir ma vision faire le tour complet de l’horizon
J’ai pas pensé que le train aurait du retard
Je suis resté en cale sur le quai de gare

Ne plus se dire c’est pour toujours
L’unique le grand Amour
Garder quand même au fond une place
Pour le retour en première classe


J’ai jamais entendu la voix des hôtesses
Me prévenir du danger, de la vitesse
J’ai pas succombé aux charmes des sirènes
Pour attraper la prochaine j’ai couru à perdre haleine
Je me suis égaré dans les couloirs sans issues
J’ai pas trouvé la porte de secours dans la rue

Ne plus se dire c’est pour toujours
L’unique le grand Amour
Garder quand même au fond une place
Pour le retour en première classe

Je crois qu’enfin je suis arrivé à destination
J’ai changé au moins dix fois de locaux, de wagon
Pas de quoi vraiment en être fier
J’ai dû faire mille fois le tour de la terre
Cette fois c’est un ange qui me sourit
Me fait voir un plan et me dit : « Vous êtes ici »

Ne plus se dire c’est pour toujours
L’unique le grand Amour
Garder quand même au fond une place
Pour le retour en première classe


Je n’écouterai plus jamais les belles promesses
Les paroles des filles qui s’envolent
Comme les feuilles dans la cour des écoles
Leur premier baiser qui vous laisse
Sur la faim les amours de jeunesse
C’est que des jeux d’enfants, des farandoles

Ne plus se dire c’est pour toujours
L’unique le grand Amour
Garder quand même au fond une place
Pour le retour en première classe


A présent faut que je m’habitue au décalage horaire
Aux changements de latitude du cercle polaire
Je vais jeter mes valises, mes bagages
Pour moi c’est le terminus les excursions, les voyages
Je vais prendre un autre ticket, peut être le dernier

Pour les visites des musés bien accompagné

Ne plus se dire c’est pour toujours
L’unique le grand Amour
Garder quand même au fond une place
Pour le retour en première classe

18.11.04

Business Man


Il se perd dans les vapeurs
Des cocktails à la mode pendant des heures
Ne fait plus rien sans son Palm
Nage dans les eaux troubles de Cannes
Business man

Il accroche son sourire comme les trophées
Les dents longues à rayer le parquet
Séducteur des plus fortunées
Il sait parler aux femmes
Business man

Jet-setter quand il le faut
Malin le renard dans le troupeau
Il a ses principes sur les Yacht de Monaco
N’a jamais de vagues à l’âme
Business man

Aux abusés jaloux
Toujours prêt à faire un coup
A la une des manchettes, le voyou
Pour sa publicité joue les drames
Business man

Prêt-nom, porteur de valise
Convoyeur pour doubler sa mise
Sa Rolex contrefaçon de série
Fabriquée en Chine, à Taiwan
Business man

Il emprunte les plus belles voitures
Gage de succès pour l’imposture
Le strass les paillettes c’est sa nature
Déploie le tapis rouge au Prince de Siam
Business man

Il vit accroché au monde, sur son dos
Tout sonne creux, sonne faux
Producteur de rien, gigolo
Attention aux retours de flammes
Business man

Il fait de l’argent comme l’amour
Une conquête suprême toujours
Dans la vie n’a pas de limite
Autoproclamé roi de Paname
Business man

Il vit accroché au monde, sur son dos
Tout sonne creux, sonne faux
Producteur de rien, gigolo
Attention aux retours de flammes
Business man

Il finira par se brûler les ailes
Pas sûr que se soit un Phénix
Dans le désert de l’Arizona
Sur le highway, tomber en panne

Business man

Call Girl


On peut lire sur l’annonce :
« Recherche jeunes filles en fleur
En quête du malheur
Pour défiler sous des regards voyeurs »
Pas une ne résiste, ne renonce

Dénudées dans un misérable studio
Le mauvais montage vidéo
Elles ont tiré le gros lot
Le quart d’heure à 10 Euros

Call girl, l’appel au secours
Abonnées aux derniers recours
Marchandes involontaires de l’amour


Prises entre le Mac, les souris
Elles viennent d’Ukraine, de Russie
On va les afficher sur le Net
Miss Monde d’un concours en vignette

Filmées par la Web-Cam non stop
Elles font leurs shows très hot
Paiement carte bleue acceptée
Plaisirs étrangers différés

Call girl, l’appel au secours
Abonnées aux derniers recours
Marchandes involontaires de l’amour


Des poupées vendent leur âme docile
Pensent gagner de l’argent facile
Des filles pas chères
Des canons

Descente de police, on arrête le Webmasteur
Mauvais scénariste, pas un enfant de chœur
Elles sont désenchantées, par ses si belles paroles
Ont perdus des années, pas les plus drôles

Call girl, l’appel au secours
Abonnées aux derniers recours
Marchandes involontaires de l’amour


Elles veulent revoir Saint Petersbourg
Sentir de la chaleur autour
Mais impossible de faire demi-tour
Dans les culs de sacs, les arrières cours

Plus de passeport, fausse identité
Interdiction de survoler le territoire
De leurs pseudo elles sont rhabillées
Terminés les stands de foire

Call girl, l’appel au secours
Abonnées aux derniers recours
Marchandes involontaires de l’amour


Mineures elle touchent le fond
Pas de veine
Elles ne trouvent jamais le filon
Que de la haine

Elles font toutes parties du même manège
On est loin de l’église et du cortège
Jamais elles ne porteront l’alliance
Victimes d’une abus de confiance

Call girl, l’appel au secours
Abonnées aux derniers recours

Marchandes involontaires de l’amour

Drôle de planète


Je vois l’orateur qui monte à la tribune
Ministre de rien, grand argentier d’infortune
Nous expliquer les trous dans la caisse par milliards
Le bateau qui prend l’eau de toutes parts
C’est à cause des cours du pétrole, du dollar
Difficile tout de même à croire

Drôle de planète
Qui nous tourne la tête
Les vents solaires, les girouettes

Les gourous et leurs adeptes

Il n’est pas très doué pour les charades
A du mal à comprendre le Chinois et l’Arabe
Nous parle du péril en la demeure
A l’autre bout de la salle, d’autres se meurt
On entend encore les tours qui s’effondrent
L’onde de choc de New York jusqu’à Londres
On n’a pas fait les mauvais choix imbéciles
Prendre les armes, envoyer les missiles

Drôle de planète
Qui nous tourne la tête
Les vents solaires, les girouettes
Les gourous et leurs adeptes


Il nous parle d’avenir
Nous présente son bilan
Nous demande d’investir
De voter avec un chèque en blanc
Il se démène sans compter
Beau comme le Diable
Pour le bien de la communauté
Celui des citoyens, des contribuables

Drôle de planète
Qui nous tourne la tête
Les vents solaires, les girouettes
Les gourous et leurs adeptes


Il y a longtemps qu’il a tout compris
A les réponses à nos questions
D’un seul coup il avance avec ses pions
Son programme est 100 % garanti
Sûr de sa vérité, du béton
Le soutien du parti, les belles assurances
Les grosses ficelles, les manigances

Drôle de planète
Qui nous tourne la tête
Les vents solaires, les girouettes
Les gourous et leurs adeptes


Bout de femme


Elle est en face, croise les bras
Bout de femme assise
Haute comme 3 pommes
Me dévisage, m’analyse
C’est un peu comme
Une image de moi

Elle est ce que j’ai fait de mieux
De ma vie, jusqu’à présent
Ce que j’ai de plus beau
De plus grand, mon diamant
Le véritable cadeau, mon joyau
Mon enfant

Elle me chante ses ritournelles
Me confie ses secrets naissants
Elle dessine en tournoyant
Des châteaux de princesses éternelles
Elle danse comme une hirondelle
Au printemps

Ses reflets dans le miroir
Ses effets de robe du soir
Elle invente des personnages de légende
Des lieux magiques dans la lande
Le temps chaque jour qui s’écoule
Les larmes parfois sur ses joues qui roulent

Elle veut être une « grande »
Conteste déjà son âge
Croque les sucettes gourmandes
Espiègle comme une image
Elle caresse mes mains
Se rassure pour demain

Tout tourne autour d’elle
Moi comme un satellite
Les premiers garçons qu’elle invite
Je serai encore plus vieux
Mais pour l’instant d’elle
Je ne vois que ces yeux, précieux

Bout de femme
Petite flamme
Gardes toute l’innocence
De ton enfance
Tu apprendras à tes dépends

Que le monde n’est ni noir, ni blanc

Les Champignons


Pêcheurs, chasseurs
Et tout autre menteur
Dit le proverbe
Le dicton
Moi je préfère marcher dans l’herbe
Cueillir les champignons


Vendeurs, meneurs
Et autres grands veneurs
N’ont pas encore de proverbe
De dicton
Mais je préfère marcher dans l’herbe
Cueillir les champignons


Faucheurs de fleurs
Citoyens à leurs heures
Y a toujours pas de proverbe
De diction
Mais je préfère marcher dans l’herbe
Cueillir les champignons


Dans les média, au JT de 20 heures
L’immédiat diffuse des horreurs
Je vais trouver un proverbe
Un dicton
Car je ne peux plus marcher dans l’herbe
Cueillir les champignons


Amis de la nature
Les fidèles écolos
Verts comme le cyanure
Rouge pour attirer les taureaux
Personne ne peux plus marcher dans l’herbe
Cueillir les champignons


Pour ou contre les OGM
Les Drive des MacDo
Faire le compte chaque semaine
Des bénéficiaires des Resto
Personne ne peux plus marcher dans l’herbe
Cueillir les champignons


A trop vouloir enfoncer des portes
Les drapeaux et leurs escortes
Finissent par semer la panique
Dans les champs de la République
Personne ne veux plus marcher dans l’herbe
Cueillir les champignons